Pierre Présumey

Pierre Présumey

Pierre Présumey est né en 1952. Il a enseigné les lettres classiques au Puy-en-Velay et en classes préparatoires au Lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.

Il puise dans vie “comme elle va” l’essentiel de son inspiration et s’attarde tout particulièrement sur la nature, les animaux et les paysages,  l’écoulement des saisons et ce qu’il produit sur les êtres.

Comme Char, Dhôtel, Roud ou Rousseau, et certainement l’auteur des Géorgiques (qu’il a traduites), Pierre Présumey, c’est sensible dans tous ses poèmes, pratique, comme il l’écrit, la « cadence de marcheur et de plein ciel » d’un natif du Massif central, longtemps professeur de Lettres classiques, et vieil amateur d’un poète qui revient aujourd’hui en grâce, quoique pour d’autres raisons que les siennes :

 

« Entre vigne et blé, entre ciel et chemin,

Ouvrir Péguy de loin en loin,

Pour ne plus faire le malin. »

Ce n’est pas son seul compagnon de route ; outre Virgile et Homère, certains poèmes sont ainsi donnés pour écrits « avec » Goethe, Ungaretti, Caproni, Rimbaud, Baudelaire, Hugo, Éluard. Mais s’il a beaucoup lu et retenu des Anciens et des Modernes, il a surtout beaucoup observé depuis l’enfance et vous fait voir en bien des vers le détail vif qui émerveille.
Cependant, la disparition survenue d’un fils qui n’a plus tenu à la vie rompt brutalement le partage et l’harmonie jusque-là chantés dans leur illusion mystérieuse, en dépit de la violence tenace du néfaste qu’annonçaient dans l’ombre certains signes. Le recueil de 2008 intitulé Continuer (journal de février) et celui de 2015 intitulé Tout ce qu’on peut attestent l’incontournable, désormais, d’une

« absence verticale […]

Comme crevasse entre les pieds,

(qui) vous empêche de marcher […]

Et vous empêche d’espérer ».

Néanmoins, ce dont douloureusement témoigne cette suite de brèves et poignantes élégies, c’est que le pas périlleux ne pouvait être franchi qu’en reprenant peu à peu l’écoute, la réapprenant du disparu :
Ce qui continue mon garçon,
Chaque matin quand je me lève
C’est une sorte de leçon
Dont il faut que je sois l’élève.
Je dois apprendre à m’avancer
Au plus près de ta bouche close
Où continue de se poser
Ta façon de dire les choses,
Ta façon de continuer
À te jeter contre le monde,
À refuser de composer
Entre la lumière et l’ombre.

La poésie de Pierre Présumey affûte le regard et l’écoute, elle parle à notre cœur inquiet.

Jean-Nicolas Clamanges

Il a publié aux éditions Hauteur d’Homme :

– Préface du livre La Haute-Loire à hauteur d’homme, Hauteur d’Homme, 2009. La Haute-Loire à hauteur d’homme

– Bêtes, Hauteur d’Homme, 2013 (épuisé).

– Jean-Pierre Petit, Pierre Présumey, Hauteur d’Homme, 2014. Jean-Pierre Petit

– Tout ce qu’on peut, Hauteur d’Homme, 2015. Tout ce qu’on peut

– Docteur, Hauteur d’Homme, 2015. Docteur

– Notre rugby, Hauteur d’Homme, septembre 2016. Notre rugby

– Aller son chemin, Hauteur d’Homme, 2017. Aller son chemin

– La Haute-Loire de toute façon, ouvrage collectif, Hauteur d’Homme, 2017. La Haute-Loire de toute façon

– Texte accompagnant l’album Grands versants, Hauteur d’Homme, 2018. Grands versants

– Les fayards et autres bons compagnons, Hauteur d’Homme, 2018. Les fayards

– Les ombres longues, Hauteur d’Homme, 2018. Les ombres longues

– Préface du livre « La Taillide » de Jean-Paul Rogues, Hauteur d’Homme, 2020.

– L’Écossais, Hauteur d’Homme, février 2021.